Démarche artistique

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    L'expression artistique est vitale pour moi depuis l'école maternelle. Après de nombreuses expériences artistiques (peinture, bijoux, textiles), j'ai trouvé depuis 18 ans, dans l'art de la mosaïque ancestrale et exigeante, une grande liberté d' expression ; une expression artistique originale et contemporaine.

    Mon travail se situe dans le courant de la mosaïque contemporaine, qui est en pleine effervescence et en même temps méconnue. Cet art est vivant, et est aujourd'hui porté par des artistes qui perpétuent autrement les techniques traditionnelles (les outils utilisés sont toujours la marteline et le tranchet mais au service d'une expression contemporaine). En s'éloignant petit à petit du figuratif, le mosaïste contemporain n'est plus un simple exécutant, il s'est affranchi de la tutelle des peintres pour chercher et défendre un style personnel, ce qui me permet d'affirmer que la mosaïque est devenu un art majeur au même titre que la peinture ou la sculpture.

    Ma démarche artistique est très liée aux matériaux que j'utilise. Soit je pars d'un matériau qui me déclenche une idée, soit j'ai une idée et je vais chercher les matériaux qui vont me permettre de l'exprimer. Par exemple en ce qui concerne les très grandes huîtres perlières, c'est un matériau si beau qu'il en est intimidant. Je me suis alors mise à « tourner autour » au propre comme au figuré, et ça a donné toute une série de tableaux que j'ai appelé « ondes ». Ce qui m'intéresse c'est qu'il y ait dans mes tableaux de la puissance et du raffinement en même temps.

    Pour moi la mosaïque n'est pas une juxtaposition de petits morceaux de couleur, c'est plutôt une tentative jouissive de jouer avec la lumière sur le déploiement des tesselles et de les faire vibrer entre elles. J'aime me « battre » avec la couleur, j'aime cultiver la dynamique du paradoxe, du contraste des matériaux et de la manière de les tailler : translucide et opaque, mat et brillant, précieux et brut, rugueux et poli, etc. Mes matériaux de prédilection sont le marbre, le granit, les pâtes de verre, l'or de Venise, les perles, la nacre, les coquillages, le verre ancien, etc... J'aime aussi chercher et tester des matériaux inédits comme le mica gris et la dentelle ancienne.


                Martine Blanchard
                © octobre 2017

                            

        

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Sur la route de la nacre

« De l'école des beaux-arts de Rennes à l'ouverture de son atelier de mosaïque contemporaine à Auray, c'est un cheminement plutôt qu'un parcours.
Il s'agit pour Martine Blanchard de « tracer sa route ». Sans se mettre dans l'errance, elle avance, guidée par ses balises : couleurs et matières, relations humaines, recherche.

Elle aime « se battre » avec les couleurs et ne se contente pas de les faire vibrer entre elles mais cultive la dynamique du paradoxe et du contraste des matériaux, et de la manière de les tailler : translucide et opaque, mat et brillant, précieux et brut, rugueux et poils, rondeurs et arêtes vives.

Matériaux parfois inattendus, mais toujours respectés dans leur essence, telles ces pierres à images » ou les huîtres perlières, elle sait faire jouer la lumière sur des surfaces modelées, à la limite de la sculpture. Le ciment qui accueille les tesselles porte les traces définitives d'une émotion sensuelle.

Martine Blanchard à trouvé dans l'art exigeant de la mosaïque une grande liberté d'expression personnelle, originale et contemporaine qu'elle sait partager : le public ne s'y est pas trompé, qui lui a attribué son premier prix lors des « rencontres internationales de mosaïque » à Chartres en novembre 2008. »

Hélène Bartoccioni, 2009

Au cœur de la pierre

Depuis plusieurs années, une partie de ma recherche en mosaïque consiste à sélectionner des blocs de schistes. Ces blocs renferment des motifs produits par la « compression cuisson » (d'après les géologues) des schistes  et l'infiltration des strate par des eaux changées en fer et manganèse.
Encore faut-il ouvrir la pierre pour voir ce qu'elle a dans le ventre, et choisir parmi ces fragments ceux qui me parlent le plus.
Il s'agit ensuite de mettre en scène ce matériau de départ, cadeau de la nature ; de lui construire un écrin propice à exalter sans l'étouffer la richesse des motifs naturels, et de leurs infinies variations chromatiques.

Au gré de l'inspiration, les fragments de roche sont encastrés dans un lit de mortier teinté, cernés de tesselles de pâte de verre, de granite, de marbre, d'éléments métalliques : se trouvent alors associées, selon un ordre et un rythme qu'elles me dictent autant que je les choisis, les teintes et textures naturelles produites par le feu primordial, et celles produites par le génie humain des arts du feu et de la sidérurgie.

Ainsi naissent des paysages imaginaires, des figures symboliques, des formes totémiques. Parfois, la quasi-symétrie des deux motifs révélés par l'ouverture d'une faille m'incite à les disposer bord à bord : une sorte de « test de Rorschach » en technicolor, donc chaque spectateur posséderait une clef particulière...

À côté du ravissement esthétique et de l'interrogation existentielle ou métaphysique, ne peut-on en effet voir, dans cette démarche d'exploration de la fêlure, et d'exposition de la richesse intérieure, une métaphore de la création artistique ?

                      


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